samedi 9 avril 2011

Dans la neige !

Aujourd’hui samedi 9 avril, nous sommes restés cloués au «woody mountain campground » c'est-à-dire au camping boisé dans la montagne auquel il faudrait ajouter le qualificatif enneigé pour faire «snowy woody mountain campground» ! Et l’adjectif cloué est de circonstance car au réveil, il y avait déjà 25 cm de poudreuse et la neige continuait à tomber. Devant les probables difficultés de circulation, nous avons décidé de rester sur place jusqu’au lendemain, d’autant plus que la météo est bien meilleure les jours à venir et que les gens du coin nous ont affirmé que ce genre de situation n’est pas rare à cette saison et qu’alors, la neige fond vite après le passage de la tempête grâce au soleil déjà chaud. Notre équipement «tous temps» nous permet de rester bien au chaud et bien au sec et, en parfaits trappeurs, nous n’avons pas renoncé au barbecue ! Voici le film des opérations : 1) Etat des lieux : 2) Préparation des matériaux nécessaires ; remarquer les pommes de pin ponderosa très sèches ramassées au parc des Guadalupe Mountains : 3) Installation dans le barbecue préalablement déneigé : 4) Pendant que le feu démarre, conditionnement du bois très sec ramassé antérieurement : 5) Pour obtenir ce bon feu, une allumette a suffi : 6) Maintenant, deux succulents morceaux de porc prennent place sur la grille rabattue sur les braises 7) Quelques quarts de tours plus tard … 8) Enfin dans l’assiette !Maintenant, nous sommes parés pour passer la nuit qui promet d’être glaciale avec malgré tout l’inquiétude d’avoir des éléments de tuyauterie gelés ! A suivre…

Flagstaff, sous la neige

La météo avait raison, maintenant, à 11H du matin, nous en sommes à 25cm d’une poudreuse magnifique qui continue toujours à tomber :La grasse matinée attendue avec impatience s’est terminée à 5H30 du matin avec le déclenchement de l’alarme chargée de détecter les fuites de gaz. D’où une longue séance de consultation des modes d’emploi sans résultat suivie d’une tentative de contact téléphonique avec l’assistance 24/24 qui bien entendu était trop occupée pour répondre, le tout en pyjama par 10° de température ambiante ! En désespoir de cause, un long appui sur la touche test du détecteur a enfin arrêté l’alarme ; comme tout fonctionne et qu’aucune odeur suspecte n’est présente, nous en avons conclu que la sonde avait simplement du avoir froid ! Mais il était trop tard pour retourner se coucher… Après un bon petit déjeuner et une promenade dans le camping enneigé,les vacations Internet on pu reprendre…Aujourd’hui, ce sera lecture, ménage, ordinateur, …. A bientôt donc !

vendredi 8 avril 2011

De Sedona à Flagstaff

Mercredi, nous avons tout d’abord fait un crochet vers l’ouest pour visiter deux villes : Jerome et Prescott. Jerome, comme tant d’autres villes d’Arizona, a du sa prospérité aux mines de cuivre.Ce fut une « ville de l’Ouest » avec saloons, bordels et fusillades dans les rues ; elle fut pratiquement abandonnée quand l’exploitation a cessé quelques décennies plus tard. Il ne reste de cette quasi ville fantôme que quelques bâtiments délabrés, accrochés aux flancs de la montagne.Prescott ne présentant en fait aucun intérêt hormis un chaos granitique en partie noyé par un lac de barrage,nous avons passé l’après-midi à la bibliothèque municipale pour une vacation Internet, près de la place centrale de 40 000 habitants :Le lendemain, de retour à Sedona sur la route de Flagstaff, nous avons profité une dernière fois de la beauté des rochers rouges dans le canyon creusé par Oak Creek :Dans un élargissement du canyon, une famille de pionniers avait installé des vergers de pommiers sur une terrasse au dessus du ruisseau ; le site est maintenant transformé en parc où l’on peut facilement accéder à l’eau et se laisser emporter par le courant sur les dalles polies par le torrent :Nous y avons profité des derniers rayons du soleil avant la neige fondante qui nous attendait à Flagstaff, car l’hiver est revenu ! Il neigeait ce matin, faisait -1 à 8H30 :Il a fait aujourd’hui 6° au plus chaud de la journée, le vent est glacé, et ce n’est que le début … La visite d’un musée géologique et anthropologique et de la résidence du quasi fondateur de Flagstaff dans les années 1910 d’un ancien industriel du bois ont occupé cette journée où il valait mieux rester au chaud. Maintenant, nous sommes en alerte météo pour une «winter storm» = tempête de neige hivernale : -6 dans la nuit, entre 25 et 40 cm de neige dans les 36 heures à venir. Nous avons donc pris toutes nos précautions : récupération à la teinturerie des vêtements pour le mariage déposés hier pour repassage,remplissage du frigo, du congélateur, du placard à provisions et du réservoir de gaz, et fin du camping sauvage avec installation dans un vrai camping, avec branchements eau et électricité afin de chauffer 24H sur 24 sans vider la batterie en cas d’immobilisation forcée. Nous avons tous les vêtements chauds utilisés aux sports d’hiver, sauf les bottes à neige, mais nous avons les chaussures de randonnée et les guêtres ; et la gérante du camping nous a en riant promis de nous prêter ses skis de fond … Nous sommes donc prêts pour l’hivernage en attendant le retour du printemps prévu pour le début de la semaine prochaine à temps pour nous permettre de quitter la région afin de nous rendre en Californie pour le mariage de Vincent. Et les 33$ par nuitée du camping nous permettent de communiquer via Internet depuis le confort douillet du camping car…

mercredi 6 avril 2011

Sedona (2)

Une ligne de chemin de fer construite pour évacuer le minerai de cuivre transporte maintenant les touristes longe la Verde River dans le fond du canyon qu’elle a creusé dans les Red Rocks, permettant d’accéder à une zone inaccessible par la route. Des wagons ouverts permettent une immersion complète dans ce paysage sauvage :Les feuilles des arbres commençaient à sortir, apportant une douceur printanière à ce paysage aride :Nous avons décidé de prolonger notre séjour dans la région d’une journée que nous avons consacrée à une promenade supplémentaire au milieu des formations rocheuses :et à une fin d’après-midi contemplative devant Cathedral Rock :Le parking de la gare, en pleine nature, nous a accueilli deux nuits, réglant ainsi le problème des campings complets !

Sedona (1)

Une journée de route où nous avons quitté le désert plat et immense à 10H et à midi nous étions déjà au bord d’un lac entouré de forêt d’où la neige n’avait pas encore totalement disparu : contraste saisissant !Dans l’après-midi, toujours dans les montagnes, nous nous sommes arrêtés au Tonto Natural Bridge : une épaisse arche enjambant un canyon creusée par un torrent dans du travertin :Le soir, nous arrivions dans la région de Sedona ; pour la première fois, nous avons eu du mal à trouver une place pour camper car la région est extrêmement touristique, ce sont les vacances de printemps et il fait 10° de plus que les moyennes saisonnières ! La région est célèbre à juste titre pour son paysage extraordinaire de rochers rouges émergeant d’une végétation variée (yuccas, agaves et figues de barbarie associés à de vrais arbres comme les pins et les genévriers géants)Nous y avons fait une promenade facile et très agréable autour de deux formations rocheuses bien nommées : la butte (à gauche) et la cloche (à droite) (traduction libre) :L’ombre et l’abri du vent étaient les bienvenus au moment du pique-nique :Allongé au sommet de Bell Rock, on est censé ressentir des ondes bénéfiques, mais la raideur de la piste nous a fait renoncer à aller nous plonger dans l’au-delà :

Petrified Forest

Finalement, il nous aura fallu plus d’une journée pour nous imprégner de la beauté de ce parc. Dans un paysage immense, l’érosion a dégagé des couches sédimentaires rayées d’alluvions à peine agglomérés :Ces roches renferment d’innombrables fossiles de la fin du trias ainsi que des milliers de troncs d’arbre pétrifiés : emportés par les rivières en crue de la taille de l’Amazone, ils ont été ensevelis dans des sédiments chargés de minéraux qui ont progressivement remplacé les cellules du bois, ce qui a fini par transformer les troncs en pierre diversement colorée ; souvent brisés par les mouvements du sol, puis dégagés par l’érosion, ils jonchent maintenant le sol sur des centaines d’hectares :Une courte promenade nous a permis de descendre au cœur de ce paysage irréel de «badlands»Dans la partie nord du parc, un chemin en balcon domine une immensité désertique appelée désert peint parce que composée de sédiments très colorés dans une dominante rouge :Comme il est impossible de décrire la beauté irréelle de ces paysages, allez voir l’album en ligne : http://picasaweb.google.com/bernard.deluard/VoyageDesDeluardAuxUSA?authkey=Gv1sRgCOvSyOjszJmdVQ# Cependant vous n’aurez qu’une faible idée de l’immensité où rien n’arrête le regard : la vue d’étendait jusqu’à des montagnes enneigées à190 km. Même le camping car semblait perdu dans cette immensité :

Acoma, El Malpais et El Morro

Le centre de la réserve indienne est le village – pueblo – d’Acoma, situé au sommet d’une Mesa, c'est-à-dire un relief tabulaire dominant la plaine de 110m :Ce village dégageait une atmosphère particulière, ici pas de reconstitution pour les touristes, rien que des vraies maisons indiennes. Il n’est presque plus occupé maintenant sauf au moment des cérémonies rituelles qui ont lieu dans la kiva, pièce fermée dans laquelle on accède par une ouverture pratiquée dans le toit plat atteint grâce à ces échelles spéciales :Le reste du temps, seuls quelques indiens et artistes vendant leurs poteries aux touristes sont présents la journée. Le parc voisin, nommé à juste titre par les conquérants espagnols El Malpais, c'est-à-dire le mauvais pays, est constitué d’une vaste coulée de lave dont la plus récente date de trois millénaires et est bordée à l’est par des falaises gréseuses érodées, et aux formes étranges ou fantastiques :Plus loin, l’érosion a formé une grande arche naturelle :Ce terrain inhospitalier a toujours été un obstacle aux déplacements comme nous avons pu le constater après quelques dizaines de mètres sur cette lave tourmentée et acérée :Nous avons complété l’exploration de cette zone volcanique par une promenade très agréable, cette fois sur un bon chemin, sur une coulée plus ancienne et revégétalisée qui nous a conduits sur des cônes de cendres, au bord de cratères et d’orifices dans les tubes de lave :Puis, comme tous les voyageurs traversant ce haut désert depuis des siècles (les indiens, les conquérants espagnols puis les américains de la conquête de l’ouest), nous avons fait étape à El Morro, une impressionnante falaise de grès au pied de laquelle l’eau de pluie se collecte dans un point d’eau pérenne :Beaucoup d’entre eux gravèrent leurs noms et la date de leur passage :Un chemin bien aménagé permettait de monter au sommet de la falaise, offrant un point de vue remarquablemais un vent échevelé nous a contraints à redescendre rapidement. Ce fut encore une très belle journée. Depuis deux jours, nous avons retrouvé les campings merveilleux de l’ouest américain, sauvages et naturels, avec les grillades au feu de bois mais aussi les froides nuits hivernales (entre 0° et 5°) à cause de l’altitude qui dépasse les 2000m :En conséquence les départs sont moins matinaux car, quand il fait 3° dans le camping car au réveil, nous attendons pour nous lever que le chauffage et le soleil aient un peu réchauffé l’atmosphère.