mardi 14 juin 2011

Encore dans les montagnes !

Avant de quitter Taos, nous avons visité une Hacienda, construction des années 1820 ressemblant à un fortin et servant aussi de centre commercial :Des pièces à l’allure monacale entouraient deux cours intérieures servant de refuge pour le bétail lors des attaques d’indiens :L’aspect de la pièce où séjournait la famille propriétaire n’était guère plus riche que celui des autres !La région de Taos comporte aussi un important massif montagneux, celui du Wheeler Peak (4000m) Nous en avons fait le tour en explorant quelques «stations d’altitude» où l’on pratique le ski de fond mais qui ne font guère station de ski. Ce sont de vastes zones presque plates qui entourent les montagnes plus élevées aux sommets encore enneigés :Ce tour terminé, nous nous sommes retrouvés sur un vaste plateau volcanique fortement entaillé par le Rio Grande :De merveilleux emplacements situés au bord de la gorge nous attendaient pour passer la nuit !A la tombée de la nuit, une partie du ciel prenait d’étranges couleurs dues à la fumée de violents incendies qui s’étaient déclarés quelques jours plus tôt dans le sud de l’Arizona :Le lendemain, nous avons poursuivi notre route vers le nord et le Colorado ; toujours de grandes étendues couvertes de sagebrush où évoluaient quelques chevaux :Sur ce plateau à 2400m d’altitude, quelques cultures installées grâce à l’irrigation inaugurée par les premiers colons mexicains au début du 19ème siècle apportaient une belle couleur verte contrastant avec le désert environnant :Au centre de cette zone cultivée, San Luis avec ses 800 habitants a récemment construit sur une colline un sanctuaire de style colonial espagnol que l’on atteint par un chemin de croix dont les stations sont marquées par des statues en bronze d’un plus bel effet :Encore un autre col à 2860m puis nous voilà dans le bassin de La Veta (2140m), début des grandes plaines vers l’est et dominé par les Spanish Peaks (3855m & 4142m) :Devant prendre le lendemain à La Veta le Rio Grande Scenic Railroad pour nous rendre à Fort Garland, et ne trouvant pas de lieu sympathique pour y passer la nuit, nous avons déniché un petit camping dans la San Isabel National Forest situé à 30 km de là dans les montagnes. Après avoir constaté que les pommes de terre avaient mis une heure et demie à cuire à l’eau, nous avons vérifié que nous étions certes près d’un lac mais à 3040m !

jeudi 9 juin 2011

De retour au Nouveau Mexique

Pour rejoindre la vallée du Rio Grande, il a fallu encore passer des montagnes très verdoyantes au col de Cumbres :Là, Bernard a quitté le camping car pour prendre le train qui descendait jusqu’à Antonito en traversant des paysages de plus en plus secs, résultant de dépôts de laves issus de volcans proches :Catherine et Jean Paul l’ont retrouvé au terminus du train et nous sommes allés prendre la place réservée au passage dans un magnifique camping de la National Forest au bord d’une rivière gonflée par l’eau de la fonte des neiges :Le lendemain 8 juin, nous avons continué vers le sud et avons franchi la gorge creusée par le Rio Grande sur un grand ouvrage métallique (le 2ème plus grand de ce type aux Etats Unis) :Vue du milieu du pont, l’entaille faite par le fleuve est très impressionnante :Peu de temps après, nous sommes arrivés à Taos, Le village indien habité depuis le plus longtemps dans tout le Sud-Ouest :La différence marquante avec le passé est le fait que l’accès ne se fait plus par une ouverture dans le toit mais par une porte ! Les fours à pain construits devant les maisons sont encore souvent utilisés :L’église, reconstruite après sa démolition par l’armée américaine lors de la guerre avec le Mexique, a gardé son cachet découlant de la conquête espagnole :Les constructions en adobe sont vraiment caractéristiques mais leur confort limité ont incité la plupart des habitants à aller habiter dans la ville moderne dont voici la place centrale avec l’ancien palais de justice :

mercredi 8 juin 2011

Dans les montagnes

Poursuivant la traversée des montagnes de cette région pleine d’anciennes mines, nous avons continué la San Juan Skyway et nous sommes passés en altitude avec la neige encore très présente au Red Mountain Pass à 3370m :Les villes ont gardé des bâtiments du début de ce boum minier des années 1890 comme ici à Ouray :De l’autre côté du col, la ville de Silverton à 2830m d’altitude, atteinte par le chemin de fer à cette même période, est située dans un bassin où aboutissait de nombreux embranchements venant des mines voisines :Nous sommes descendus plus loin nous camper dans la forêt, à côté de Durango (1980m), ville moderne très touristique de 15000 habitants :C’est de cette ville que montait jusqu’à Silverton le chemin de fer à voie étroite, maintenant préservé et transformé en attraction touristique ; le dimanche, pendant que Catherine et Jean Paul restaient en ville pour refaire les approvisionnements, Bernard a effectué un aller-retour sur la ligne qui remonte la vallée, en encorbellement :ou le plus souvent en suivant la rivière :Cette journée fut encore plus spéciale car une rupture de la tête du piston droit lors des premiers efforts de la locomotive pour élever le train du fond de la vallée a entraîné la demande d’une machine de secours et le retard s’étant accumulé, le retour à Durango n’a eu lieu qu’à 21H, avec trois heures de retard !Pour plus de détails, suivre le lien : http://trains-bd-usa-2011.blogspot.com
Le lendemain, nous avons visité des ruines indiennes datant du 12ème siècle et situées dans un site spectaculaire, le long d’une arête rocheuse terminée par deux pitons ayant vraisemblablement servi de repère pour des observations de la position du soleil : L'après-midi, nous nous sommes arrêtés plus de deux heures pour nous baigner dans des sources chaudes aménagées avec une multitude de petits bassins à des températures différentes avoisinant celle de la température corporelle: Le soir, un camping sauvage dans Chama, une toute petite ville point de départ d’un autre chemin de fer touristique, nous a donné l’occasion d’observer tout un troupeau de mule deer :

samedi 4 juin 2011

San Juan Skyway

Nous avons quitté Mesa Verde en fin de journée pour nous diriger vers les Montagnes Rocheuses, plus exactement dans les San Juan Mountains, massif culminant à plus de 4000m. Le camping dominait un grand réservoir qui a noyé dans les années 1990 une ancienne ville de l’industrie du bois. On voyait encore au loin le grand plateau dans lequel sont creusés les canyons de Mesa Verde :La route traversant les San Juan Mountains, l’une des plus belles des Etats Unis, suit des vallées arrosées par des rivières bien remplies à cette époque en raison de la fonte des neiges :Depuis le temps que nous parcourions des étendues rocheuses et arides, nous étions contents de retrouver une végétation où le vert tendre des feuilles de trembles à peine sorties tranchait sur le vert sombre des conifères, en bordure de prairies fleuries :Plus haut, au passage du Lizard Pass à 3100m, la végétation n’était pas encore repartie :Dans les années 1880, la région a connu une grosse activité minière suite de la découverte de plomb, de zinc, de cuivre et surtout d’or et d’argent, ce qui a provoqué l’arrivée massive de prospecteurs et la création de villes champignons avec leurs saloons, maisons de prostitution, … L’une de ces villes, Telluride, est maintenant convertie en station touristique chic et de sports d’hiver mais a gardé un certain nombre de bâtiments historiques :Y compris de très nombreuses maisons d’habitation victoriennes maintenant restaurées :On trouve même une banque où Butch Cassidy a mené sa première attaque :Pour abaisser les coûts de transports des minerais – et faire des profits – le chemin de fer a pénétré cette région dans les années 1890 ; pour surmonter les difficultés du terrain, il fut construit à voie étroite mais la crise économique des années 30 et la concurrence routière l’ont fait mourir à petit feu. C’est alors que le génie inventif des responsables de la compagnie du Rio Grande Southern a produit un drôle d’engin surnommé «galloping goose» (=oie gallopante) :Ces drôles d’engins ont permis de transporter voyageurs, courrier et colis express dans de bonnes conditions économiques de 1930 jusqu’à la fermeture des réseaux en 1951. Le prototype, construit à partir d’un châssis de camion Buick et lui aussi restauré, a même été remboursé en une seule année !

jeudi 2 juin 2011

Mesa Verde (2)

C’est dans ce parc que les habitations indiennes sont les plus abondantes et les mieux conservées ; si les sites les plus visibles ont été largement explorés, il reste une multitude de sites disséminés sur le plateau qui ne le sont pas encore. Les habitations construites dans les alcôves sont les dernières à l’avoir été, pendant une courte période de moins d’un siècle, à la fin du 13ème siècle, avant la migration massive de tous les occupants :Auparavant, depuis le 8ème siècle, les indiens vivaient sur le plateau où ils avaient construit des habitations plus simples comme celle-ci, reconstituée dans une alcôve où il en restait trois :Ces habitations ont fini par se transformer en kivas, pièces circulaires servant de lieu de cérémonies mais aussi vraisemblablement d’abri lors de la saison froide ; plusieurs kivas pouvaient être juxtaposées :Au dessus des maisons en pierres construites dans les alcôves, des greniers occupaient des anfractuosités du rocher et les provisions pouvaient être stockées pour plusieurs années :Les cultures étaient faites sur le plateau en construisant de petits barrages retenant les alluvions et l’eau donnée par la fonte des neiges et les pluies orageuses d’été ; cela s’appelle de la culture sèche ! Voici les restes de l’un de ces barrages :Comme partout, la culture consistait à enfouir assez profond dans ces petits bassins disséminés des graines de maïs, de haricots et de squash et d’attendre que ça pousse grâce à la chaleur et l’humidité stockée… On comprend ainsi qu’une période de sécheresse ait pu faire fuir la population. La végétation sur le plateau est maintenant assez rase, d’autant plus que des incendies ravageurs ont sévi durant les 30 dernières années. Néanmoins, l’herbe constitue une couverture végétale protectrice pâturée par des muledeer et de chevaux

mercredi 1 juin 2011

Mesa Verde (1)

Pour nous rendre dans le célèbre parc de Mesa Verde, nous avons fait étape dans un autre site historique moins connu : Hovenweep National Monument. Ce monument peu visité rassemble une série de maisons construites sur le bord d’un canyon par les indiens pueblos à la fin du 13ème siècle :Ces maisons, souvent en forme de tours ont été soigneusement construites, aucune ouverture ne donnant sur le plateau :Le caractère défensif de ces constructions n’est pas prouvé, mais ce qui est sûr, c’est qu’elles ont été utilisées très peu de temps (à peine 70 ans) avant d’être désertées, sans doute à cause d’une sécheresse prolongée. Tout comme à Mesa Verde, cette migration a abouti à une fusion dans les populations établies plus au sud, vers la vallée du Rio Grande. En cette période de forte fréquentation due au grand week-end du Memorial Day, nous avons passé une nuit – presque seuls – dans le camping de ce monument :Nous avions roulé avec un vent tellement fort que le sable partout soulevé assombrissait le ciel et que, la flamme du frigo s’étant soufflée, nous avions dû changer la position du camping car ! Le lendemain 30 mai, le vent calmé et le beau temps revenu, nous avons fait à pied le tour du canyon puis nous nous sommes rendus à Mesa Verde juste à temps pour nous installer au camping et subir une nuit glaciale (moins 1° dehors au coucher) :La visite du parc de Mesa Verde a d’abord consisté à nous rendre à l’autre extrémité par une route d’altitude donnant des vues très étendues, la plus étendue de tout le sud-ouest ; en voici un petit morceau :Vers le bout de la route, plusieurs canyons ont aussi été habités peu de temps par les indiens ; là, c’est dans des alcôves situées dans les parois qu’ils ont construit des villages entiers regroupant de quelques familles jusqu’à une centaine de personnes :C’est à cet endroit, du fait de leur rapide désertion et de la protection donnée par l’épaisse couche de rocher que ces villages suspendus ont été le mieux conservés. On peut ainsi se rendre compte de la qualité de construction, en pierres maçonnées :Les «kivas», pièces de cérémonies circulaires et enterrées ont seulement perdu leur toit plat :Sans traces écrites ni représentations graphiques, c’est seulement par la tradition orale transmise par leurs descendants et les interprétations des maigres éléments recueillis par les archéologues que l’on peut imaginer leur mode de vie difficile. Cultivant le maïs, les haricots et le squash sur les plateaux en essayant de retenir au mieux les eaux pluviales irrégulières, ils étaient obligés de faire des réserves de nourriture qui occupaient la plupart des constructions, la vie quotidienne se déroulant à l’extérieur. Une sécheresse prolongée, l’épuisement des sols et des réserves de bois peuvent expliquer leur déplacement massif vers le sud.