LES CHOLLAS
Très courants, on les trouve partout, sous des formes différentes car il en existe de nombreuses espèces. Ils peuvent être perchés sur une haute tige comme les Teddy Bear Chollas,
porter des grappes de fruits pendantes,
être minces comme des crayons d’où leur nom de Pencil Chollas (Opuntia ramosissima)
ou encore ramper sur le sol comme les Hedgehog Chollas ou les Creeping Devil Chollas.
Leur point commun est leur structure en segments : pas de tronc unique mais une succession de segments qui semblent solidement attachés mais, en réalité, se décrochent très facilement, tombent au pied de la plante et s’enracinent pour donner naissance à un nouveau cholla:
Ceci fait d’eux les pires ennemis du randonneur : dès qu’on effleure un cholla, le segment concerné s’accroche à la peau ou au pantalon et ses multiples piquants sont très difficiles et douloureux à extraire. Cette capacité à vous sauter dessus leur a valu le surnom de ‘jumping chollas’. Le conseil donné par les rangers est de ne jamais partir se promener sans emporter un peigne pour décrocher le morceau de cholla sans le toucher et une pince pour retirer les piquants restés plantés dans la peau. Je n’avais pas de peigne quand Bernard en a approché un de trop près en faisant une photo mais un caillou a fait l’affaire et le pantalon était suffisamment épais pour arrêter les piquants !
Ils sont également, à des degrés divers, tous emballés dans des manchons de piquants, protection très efficace contre les animaux et le vent desséchant du désert en créant un matelas d’air calme entre les piquants au contact de la peau du cactus. Les plus impressionnants dans ce domaine sont les Teddy Bear Chollas
Leur squelette est ajouré comme un grillage:
Lorsqu’ils sont stressés par le gel, ils passent du vert au grenat, comme les figues de Barbarie. Les -6° apportés par le front froid de la tempête dont nous avons eu les restes dans la Vallée de la Mort a fait rougir des massifs entiers dans la région de Tucson

LES BARREL CACTUSCe sont les cactus de forme arrondie, même si, en grandissant, ils s’allongent un peu.
Très jolis, ils sont recouverts de longs piquants parfois de couleur rose recourbés à leur extrémité
Ils ont la caractéristique de pousser plus rapidement du côté exposé au nord, ce qui les fait pencher vers le sud. Ils peuvent ainsi servir de boussole
Le matin du 11 mars, nous avons gravi les pentes du Mont Lemmon (2750m) par une très belle route et nous avons «goûté» à la neige dans une belle forêt :
Quel contraste en moins de 40 km de route large et bien tracée ! Les paysages sur la plaine étaient saisissants :
Le reste de la journée fut consacré aux courses et à une longue vacation Internet de plus de quatre heures chez MacDo ! La nuit passée sur le parking du supermarché, le lendemain, nous avons visité un excellent musée sur l’histoire de l’Arizona et de la région, puis rapidement arpenté un quartier ancien, finalement assez décevant :
Le soir, nous avons terminé par la visite d’une « mission» fondée par les Jésuites espagnols à la fin du 17° qui établirent les premiers contacts amicaux avec les populations indiennes locales. Il subsiste une grande église blanche de style espagnol construite à la fin du 18° et encore en service.
D’autres photos dans l’album en ligne : http://picasaweb.google.com/bernard.deluard/VoyageDesDeluardAuxUSA?authkey=Gv1sRgCOvSyOjszJmdVQ# Il s’est trouvé que les indiens de la réserve fêtaient leur réunion annuelle (appelée Pow Wow). Nous avons passé la soirée avec eux et assisté aux concours de danse accompagné par leur musique traditionnelle.
Ce n’était pas un grand Pow Wow, mais après la chaleur de la journée, on était bien dehors sous les étoiles avec un anorak ! Le lendemain, reprise de la route et visite d’une autre mission désaffectée et en partie en ruines mais érigée en monument national vu son importance historique.
Cela donne une bonne idée du travail des Jésuites qui, sans dogmatisme et dans le respect de leur culture, ont aidé les indiens à améliorer leur conditions de vie et ont essayé de les protéger des raids incessants des Apaches, avant d’être contraints d’abandonner, eux aussi victimes des Apaches, des maladies et du climat. Nous sommes passés ensuite à l’histoire actuelle par un rapide coup d’œil à la frontière mexicaine dans la ville de Nogales séparée en deux par un vieux mur rouillé où un flot incessant de piétons venait faire ses courses côté américain le dimanche à midi ! Rien que des hispaniques, tout en espagnol, cette ligne infranchissable ressemblait fort à une passoire !
La journée s’est terminée dans la calme de la nature près d’une rivière bordée de grands arbres dominant les vastes étendues recouvertes d’herbes sèches du «desert grass land», une zone de ranchs d’élevage extensifs qui remplace le désert à cactus quand on s’élève un peu en altitude.
Nous nous étions installés là pour passer la nuit, mais nous avons été délogés à la nuit tombante par le gardien de la réserve ornithologique qui nous a expliqué que nous étions sur le passage d’immigrants clandestins qui, la nuit, suivent le cours de la rivière. Interruption de la préparation du repas et installation à la nuit noire au hasard sur un parking de la ville de Bisbee qui s’est avéré le lendemain être celui de la mine que nous devions visiter !
Le désert de Sonora abrite de nombreuses espèces de cactus dont le saguaro (le grand cactus candélabre de Lucky Luke et des westerns)
Il posséde une structure semblable à celle du corps humain : un squelette nt nos os – composé à 85% d’eau, un gros saguaro peut peser jusqu’à 8 tonnes. Elles entourent une cavité remplie d’un tissu comparable à notre moelle.
Autour de ce squelette se trouve la pulpe de la plante qui correspond à notre chair. C’est elle qui se gonfle d’eau lorsqu’il pleut (un saguaro peut « boire » environ 800 litres lors d’une bonne pluie, assez pour sa consommation annuelle). Cette chair est plissée en accordéon pour s’adapter à la différence de volume en fonction de la quantité d’eau stockée. Elle est recouverte d’une peau qui porte les épines.
Il possède un réseau de racines très peu profondes (de 60 à 90 cm) mais très étendues en un cercle dont le rayon est égal à la hauteur de la plante .
La croissance du saguaro est très lente. Pour germer, la graine doit tomber dans une « nurse plant », souvent un palo verde ou un buisson de mesquite, qui la protègera des ardeurs du soleil, du vent desséchant, du froid, des animaux, empêchera le ruissellement de l’emporter et, surtout, lui fournira l’humidité dont elle a besoin pour s’installer.
Au bout de 10 ans, un saguaro mesure seulement 2,5 cm ; il lui faut plus de 50 ans pour atteindre 90 cm ; il finira par émerger au dessus de sa nurse plant et par la faire mourir de soif en absorbant toute l’eau de pluie grâce à ses racines plus superficielles. A 70 ans, le saguaro mesure presque 2m et fleurit pour la première fois en haut de la colonne. Chaque fleur, qui s’ouvre la nuit et fane le matin, doit être pollinisée pendant la nuit par une espèce de chauve-souris spécifique que la migration amène du Mexique au bon moment. Elle produira ensuite un fruit contenant jusqu’à 2000 graines minuscules. Un saguaro peut ainsi produire 40 millions de graines pendant sa longue vie dont, en moyenne, une seule donnera une plante atteignant l’âge adulte. Les bras caractéristiques du saguaro apparaissent à l’âge de 100 ans environ, quand la plante mesure 4,5m.
Il atteint normalement une taille de 15m, voire 21m, et peut vivre 200 ans. Plus il a de bras, plus il peut avoir de fleurs et plus il a de chances de se reproduire.
Tous les bras pointent vers le ciel mais le saguaro craint le gel qui abime sa chair. N’ayant plus la force de se tenir dressé, un bras dont la base a gelé se courbe sous son propre poids et pointe vers le sol. Il ne peut jamais se relever mais, s’il ne meurt pas, l’extrémité qui continue à pousser pousse normalement, dressée vers le ciel.
Les saguaros sont ici à la limite nord de leur zone d’habitat à cause des gelées qui se produisent une ou deux fois par an.
On peut comparer le saguaro à un immeuble hébergeant différents habitants (entre autres le pic-vert ou la chouette) qui y creusent leur nid pour trouver un abri contre les rigueurs de l’extérieur. L’intérieur d’un saguaro est humide, il y fait 5° de plus en hiver et 5° de moins en été que dans le désert environnant. Les ouvertures de ces nids sont visibles sur toute la hauteur de la plante qui n’en est nullement affectée car elle secrète à l’intérieur une sorte de pansement pour recouvrir la plaie.
On estime qu’un saguaro sur 200 000 présente une anomalie de la pointe sommitale, qui s’épanouit en éventail :
au lieu de sa forme ronde habituelle :