Surprise, au réveil du 13 avril, brouillard à couper au couteau ! Mon poste d’observation des trains s’était transformé en studio d’enregistrement de sons… des lourds trains gravissant «Tehachapi Loop» ! Nous sommes donc partis assez vite pour traverser, en partie sous les nuages, la plaine centrale de Californie et nous retrouver sur la côte pacifique, à Cambria, en milieu d’après-midi.
Une petite ballade sur la plage nous a offert du bois flotté pour les feux de camp à venir
et un merveilleux emplacement de camping avec le Pacifique visible entre les arbres
a fourni l’occasion de conditionner le bois auparavant ramassé.
Le coffre est maintenant bien rempli !
Le lendemain, visite de Hearst Castle, château construit par un magna de la presse d’entre les deux guerres, collectionneur d’art. Au sommet d’une colline dominant le Pacifique, il s’est fait construire une vaste demeure incorporant, à la fois dans l’architecture et la décoration une partie de ses collections, principalement d’art espagnol et italien, gothique et renaissance, ainsi que des antiquités romaines.
Cette demeure extraordinaire est entourée de jardins renaissance italienne en terrasses, ornés de sculptures et de fontaines et plantés de camélias, azalées, rhododendrons et orangers, tous en fleurs en cette saison :
L’ensemble est remarquablement réussi, le clou est incontestablement la piscine de Neptune :
D'autres photos sur notre album Picasa en ligne : http://picasaweb.google.com/bernard.deluard/VoyageDesDeluardAuxUSA?authkey=Gv1sRgCOvSyOjszJmdVQ# Après cette longue visite, nous devions aller voir une colonie d’éléphants de mer, mais les caprices de notre frigo en ont décidé autrement … voici qu’il ne faisait plus de froid ! L’assistance téléphonique n’a pas plus trouvé de solution que nous et nous a envoyé à 50 km de là chez un réparateur de RV qui, après auscultation, n’a rien trouvé d’anormal et a décidé de couper l’électronique de régulation et l’a ainsi mis en marche forcée : «si le frigo ne fait plus de froid d’ici demain, c’est qu’il est fichu !». Et il n’y aura pas d’autre solution que d’aller dans un dépôt Cruise America pour changer de camping-car. Mais, six heures plus tard, point de froid … ! Il n’y a plus guère d’espoir ! Et la soirée fut occupée à transférer le contenu du frigo dans le coffre à bois, où il fait nettement plus frais et à cuisiner toute la viande et les légumes qui avaient dégelé dans le congélateur ! En attente de la suite des évènements, nous sommes installés au camping de la plage de Morro Bay, avec le soleil couchant qui accompagne nos réflexions et le feu de camp qui permettra de griller nos steaks :
Ce matin 15 avril, le frigo ne s’est pas remis en route et à l’heure qu’il est, 8H30 nous attendons l’ouverture du réparateur de RV pour négocier un changement de véhicule avec le loueur… A cause du mariage de Vincent, il faudra probablement attendre mercredi le retour à Las Vegas pour prendre nos amis et un nouveau camping-car ; en attendant, nous allons essayer de fonctionner comme au bon vieux temps, avec de la glace achetée dans les épiceries ou stations services …
Aujourd’hui, cap à l’ouest ! Premier arrêt au bout de 50 km à Walnut Canyon National Monument ; comme son nom l’indique c’est un canyon où poussaient des noyers (à l’imparfait car maintenant, l’eau n’y coule plus en raison de retenues crées en amont vers 1910 pour alimenter en eau Flagstaff) Ce canyon fut habité par 70 à 400 indiens Sinagua de 1125 à 1250. Ils prenaient l’eau dans le fond, habitaient et installaient leurs réserves dans des abris sous roche aménagés
et cultivaient du maïs, des haricots et des courges sur le plateau. Un méandre presque refermé de la rivière a créé une «presqu’île» de terrain dominant le fond et suffisamment érodée pour y construire beaucoup de pièces avec un plancher, un toit et un mur de fond naturels :
Les corniches fournissaient d’excellents chemins de circulation :
Sur les parois opposées, plus froides – voyez la neige restante – la forêt fournissait le bois nécessaire :
Ensuite, nous avons commencé la longue route pour nous rendre au mariage de Vincent ; en 250 km d’autoroute, nous avons traversé un paysage varié et même parfois accidenté
Ainsi le trajet fut moins monotone que prévu !
Un arrêt pour la nuit sur un parking à l’entrée de Kingman nous a fourni une pizza de Pizza Hut, une connexion Internet du motel voisin, et la sonorisation routière et ferroviaire du trafic nocturne ! Comme il fait moins froid car nous ne sommes plus qu’à 1000 m d’altitude, nous ne mettons plus le chauffage !
Le soleil est revenu et la neige a commencé à fondre…
Alors nous sommes partis dans le désert proche, non loin des San Francisco Peaks encore enneigés qui dominent Flagstaff
Au milieu de cette étendue plate, s’ouvre un cratère d’impact de météorite de 1,5 km de diamètre et profond de 175 m :
Il y a environ 50 000 ans, une masse de fer et de nickel d’environ 45 m de côté et pesant plusieurs centaines de milliers de tonnes a frappé à 19 km par seconde ce haut plateau de l’Arizona pour former en quelques secondes cet immense «trou» dont les bords se sont relevés sous l’effet du choc.
Au centre du cratère subsistent les traces d’une exploitation minière déclenchée par des illuminés espérant trouver le météorite dont la vente leur aurait apporté la fortune ! Un mannequin grandeur nature du premier homme sur la lune a été placé là !
Leurs espoirs furent déçus car la quasi-totalité de ce corps céleste avait fondu et s’était vaporisé lors de l’impact, retombant aux alentours sous forme de microbilles en même temps que les quelque deux cent millions de tonnes de rochers projetés jusqu’à 1,5 km de là. Toutefois, des observations scientifiques ont été simultanément entreprises et ont permis d’arriver avec certitude à la conclusion qu’il s’agissait d’un impact de météorite. Rassurés, nous nous sommes installés pour la nuit à côté de là dans le camping créé, tout comme le musée et le centre des visiteurs, par les descendants des illuminés du début et qui possèdent toujours la concession.
Aujourd’hui samedi 9 avril, nous sommes restés cloués au «woody mountain campground » c'est-à-dire au camping boisé dans la montagne auquel il faudrait ajouter le qualificatif enneigé pour faire «snowy woody mountain campground» ! Et l’adjectif cloué est de circonstance car au réveil, il y avait déjà 25 cm de poudreuse et la neige continuait à tomber. Devant les probables difficultés de circulation, nous avons décidé de rester sur place jusqu’au lendemain, d’autant plus que la météo est bien meilleure les jours à venir et que les gens du coin nous ont affirmé que ce genre de situation n’est pas rare à cette saison et qu’alors, la neige fond vite après le passage de la tempête grâce au soleil déjà chaud. Notre équipement «tous temps» nous permet de rester bien au chaud et bien au sec et, en parfaits trappeurs, nous n’avons pas renoncé au barbecue ! Voici le film des opérations : 1) Etat des lieux :
2) Préparation des matériaux nécessaires ; remarquer les pommes de pin ponderosa très sèches ramassées au parc des Guadalupe Mountains :
3) Installation dans le barbecue préalablement déneigé :
4) Pendant que le feu démarre, conditionnement du bois très sec ramassé antérieurement :
5) Pour obtenir ce bon feu, une allumette a suffi :
6) Maintenant, deux succulents morceaux de porc prennent place sur la grille rabattue sur les braises
7) Quelques quarts de tours plus tard …
8) Enfin dans l’assiette !
Maintenant, nous sommes parés pour passer la nuit qui promet d’être glaciale avec malgré tout l’inquiétude d’avoir des éléments de tuyauterie gelés ! A suivre…
La météo avait raison, maintenant, à 11H du matin, nous en sommes à 25cm d’une poudreuse magnifique qui continue toujours à tomber :
La grasse matinée attendue avec impatience s’est terminée à 5H30 du matin avec le déclenchement de l’alarme chargée de détecter les fuites de gaz. D’où une longue séance de consultation des modes d’emploi sans résultat suivie d’une tentative de contact téléphonique avec l’assistance 24/24 qui bien entendu était trop occupée pour répondre, le tout en pyjama par 10° de température ambiante ! En désespoir de cause, un long appui sur la touche test du détecteur a enfin arrêté l’alarme ; comme tout fonctionne et qu’aucune odeur suspecte n’est présente, nous en avons conclu que la sonde avait simplement du avoir froid ! Mais il était trop tard pour retourner se coucher… Après un bon petit déjeuner et une promenade dans le camping enneigé,
les vacations Internet on pu reprendre…
Aujourd’hui, ce sera lecture, ménage, ordinateur, …. A bientôt donc !